Comprendre simplement l’Hallux Valgus 
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L’hallux valgus est une des déformations les plus fréquente de l’avant pied.

Voici 5 étapes pour comprendre l’hallux valgus en simplifiant beaucoup :

 

1) L’hallux ou gros orteil se compose de 3 os alignés 

(cf schéma) : 1er métatarsien – 1ère phalange - 2ème phalange (le bout de l’orteil)

2) Quand on regarde le pied d’en haut,

soit l’hallux dévie vers l’intérieur du pied (varus)

soit vers l’extérieur du pied (valgus),

3) Dans l’Hallux valgus, l’angle que forme le métatarsien

et la première phalange au niveau de l’articulation provoque une sailli

osseuse sur le bord interne du pied. C’est elle qui induit des douleurs lors du chaussage.

4) Les os sésamoïdes (2 petits os ovales sous la tête du métatarsien) semblent

se déplacer mais en réalité c’est le métatarsien qui se déplace.

Les tendons qui ne sont plus dans le bon alignement aggravent la déformation.

5) En évoluant, les phalanges de l’hallux ne laissent plus de place

aux autres orteils ce qui génère des douleurs (que l’on nomme métatarsalgies)

et des griffes d’orteils.

 

 

 

Qu’elles sont les causes de l’Hallux valgus :

 

L’hallux valgus est une pathologie qui concerne plus souvent les femmes et dont les causes sont multiples.

Il existe des facteurs prédisposant anatomiques:

  • Brièveté du premier métatarsien associé à un excès de longueur du gros orteil : le premier métatarsien est court et les phalanges sont longues.

  • Pied plat valgus (l’arrière du pied, lorsqu’on l’observe par derrière, n’est pas perpendiculaire au sol et est déformé vers l’exterieur du pied.

  • L’hyperlaxité ligamentaire : les ligaments qui sont des « cordes » tendues d’un os à un autre pour éviter les mouvements excessifs sont trop élastiques.

La chaussure n’est pas la cause de l’hallux valgus. Cependant un chaussage inadapté aggrave la déformation de l’Hallux valgus.

 

 

 

Cinq informations clés sur l’évolution de l’Hallux Valgus :

  1. Il existe uniquement deux évolutions possibles :

    • Soit la déformation s’aggrave

    • Soit elle se maintien

  2. Aucun traitement médical ne peut ralentir ou stopper l’évolution. Les traitements médicaux ont pour simple objectif de soulager les douleurs.

  3. Seul le traitement chirurgical peut empêcher l’aggravation de la déformation.

  4. La rapidité d’évolution ainsi que la gêne liée à la déformation sont différente en fonction de chaque patient.

  5. Il n’y a pas de relation entre l’importance de la déformation et la douleur. Certaines déformations majeures ne sont pas douloureuses et n’entrainent aucune gêne.

 

Des radiographies et rien d’autre avant un examen clinique spécialisé !

Clichés radiographiques du pied de face et de profil EN CHARGE, c’est-à-dire debout où en appui.

Des radiographies de chevilles cerclées de MEARY peuvent être utile en plus de l’examen clinique afin de documenter un pied creux ou un pied plat.

Les examens plus poussés type IRM sont inutiles avant un examen clinique spécialisé dans le cadre d’un hallux valgus.

 

J’ai un Hallux valgus, dois-je me faire opérer systématiquement ?

NON…

Seul un examen clinique spécifique suivi d’une évaluation des besoins du patient ainsi que l’information claire loyale et adaptée peut aboutir à la pose d’une indication opératoire. En aucun cas le traitement ne peut être décidé sur de seuls critères radiologiques.

Le traitement non chirurgical comprend :

  • L’adaptation du chaussage avec des chaussures souples, larges et confortables.

  • La mise en place d’orthèses de protection type orthoplasties (faites par podologue ou en pharmacie) peuvent également être essayées.

  • Des orthèses plantaires (communément appelées semelles orthopédiques) s’il existe une déformation associée de l’arrière pied ou des métatarsalgies

  • Le traitement médicamenteux : les anti douleurs habituels.

  • Aucune indication à une infiltration dans le stricte cadre de l’hallux valgus sans pathologies associées.

Tous ces traitements ont pour unique but de diminuer les douleurs. Ils ne corrigent en aucun cas la déformation.

 

… Mais seul le traitement chirurgical permet de corriger la déformation pour soulager les symptômes et améliorer le chaussage.

L’intervention chirurgicale est indiquée en cas d’hallux valgus douloureux avec gêne et difficultés au chaussage, retentissement sur les activités quotidiennes et ne doit pas être considérée comme une chirurgie à visée uniquement esthétique.

 

 

En quoi consiste l’intervention chirurgicale ?

 

Les techniques chirurgicales dépendent du type d’Hallux valgus et des déformations associées.

L’objectif est de réaxer l’hallux pour diminuer la sailli osseuse et donc les frottements dans les chaussures et ainsi de diminuer les douleurs

 

C’est le chirurgien qui décide de la technique la plus approprié pour chaque cas :

 

Plusieurs procédures chirurgicales peuvent être effectuées, certaines de manière isolée et d’autre doivent obligatoirement être associés à un autre geste :

  • Ostéotomies du premier métatarsien et de la première phalange (geste principal qui consiste à couper l’os de manière précise et en fonction de la forme de la coupe on détermine l’appellation du geste : ostéotomie distale en chevron, scarf, ostéotomie proximale etc) 

  • Ostéotomies des métatarsiens latéraux (on coupe le métatarsien en biais de façon à les raccourcir)

  • Cure chirurgicale d’une griffe d’orteil

  • Geste sur les parties molles (allongement tendineux)

  • Arthroplastie modelante (on enlève une partie de l’articulation entre deux phalanges d’un orteil latéral (2ème 3ème 4ème orteils)

  • Arthrodèse métatarso phalangienne (blocage de l’articulation principale du gros orteil)

 

La cicatrice principale se trouve sur le bord interne du pied, elle est en règle générale bien tolérée et peu visible après quelques mois. Il est possible que d’autres abords soit nécessaire pour les gestes complémentaires.

La chirurgie mini invasive ne peut être indiquée que dans les cas les moins sévères.

 

S’agit-il d’une chirurgie à risque de complication ?

Comme toute intervention chirurgicale il y a des risques. Ceux-ci sont à connaitre afin de pouvoir les dépister rapidement et d’adopter une attitude adaptée à chaque situation.

On peut les classer en tant que risques généraux et risques spécifiques :

  • Les risques non spécifiques comme par exemple : les phlébites, les allergies, les infections etc.

  • Les risques spécifiques à cette chirurgie sont par exemple la récidive de la déformation, la raideur, l’hypercorrection, les troubles de sensibilité des orteils

Un dossier spécifique relatant ces complications vous est donné le jour de la consultation accompagné du consentement.

Toutes ces complications sont rares mais peuvent survenir. La discussion pré opératoire avec le chirurgien et l’anesthésiste est alors primordiale.

LE TABAC est un facteur de risque majeur de troubles cutanés. Certains chirurgiens refusent même d’opérer les patient(e)s fumeurs si une prise en charge de leur dépendance au tabac n’est pas en cours.

Si une infection est suspectée, AUCUN Antibiotique ne doit être pris sans l’avis du chirurgien.

 

Quand doit-on se faire opérer ?

L’indication chirurgicale est spécifique a chacun, elle sera discutée au cas par cas en fonction de votre gêne et des déformations observées.

Il n’y a pas d’âge pour être opéré, le pied est un élément majeur de la marche et de l’équilibre et il ne faut pas le négliger.

Il n’y a pas beaucoup de contre-indications médicales à la pratique de cette chirurgie car l’anesthésie est le plus souvent locorégionale et a peu d’interférence avec les autres traitements médicaux.

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Peut-on opérer les deux pieds en même temps?

NON, ce n’est pas conseillé.

Il ne s’agit pas d’une limitation technique et il faut s’assurer que la première intervention évolue bien. Cependant, un intervalle court entre les deux opérations peut être décidé en fonction des besoins du patient et après discussion avec le chirurgien.

 

Service de chirurgie Ambulatoire

Dans la grande majorité des cas vous pouvez bénéficier d’une prise en charge ambulatoire cependant une hospitalisation reste possible.

 Vous arrivez à la clinique le jour de l’opération et rentrez chez vous le soir même. Il faut être accompagné au domicile par une personne de votre entourage le soir de l’opération

Est-ce que ça fait mal ?

L’anesthésie est locorégionale dans la grande majorité des cas. Elle vous sera expliquée en détail lors de la consultation anesthésique pré-opératoire, par l’un de nos anesthésistes.

En effet le pied est endormi avant même l’intervention et pendant plusieurs heures après. Le cerveau « ne sait donc pas que le pied a été opéré ». Ce procédé rend cette chirurgie beaucoup plus acceptable.

Rassurez-vous, vous n’entendez rien et ne voyez rien lors du bloc opératoire. L’anesthésie « locorégionale » est associée à une sédation (prise de somnifère). La sédation est adaptée à votre état de stress. Elle permet un relâchement complet et une somnolence pendant l’intervention.

  • Un traitement anti douleur vous est prescrit pour les douleurs post-opératoires. Celui-ci est généralement équivalent (voire supérieur) à ce que vous aviez en sortant du service. Le traitement antalgique doit être pris de manière systématique et régulière dès votre retour à domicile.

  • A ce traitement antalgique, s’ajoute :

    • des injections d’anticoagulant pour éviter les phlébites pendant 8 jours,

    • de la vitamine C agissant sur les douleurs chroniques,

    • des anti-inflammatoires pouvant être prescrits en l’absence de contre-indication.

 

 

Protocole après l’opération de l’Hallux Valgus

  1. Le pansement à ne pas toucher

  • Votre premier pansement sera réalisé au bloc opératoire. Il s’agit d’un pansement à ne pas ouvrir jusqu’à la première consultation. Il ne doit pas être refait à domicile.

  • Le pansement de la plaie opératoire sera réajusté lors de votre première consultation, 15 jours après l’intervention.

  • Le pansement opératoire doit rester sec et propre. Ainsi il vous est conseillé soit des bains (avec le pied en dehors de la baignoire) soit des douches avec deux tabourets, l’un dans la douche pour s’asseoir et l’autre à l’extérieur de la douche pour reposer le pied. La chaussure orthopédique doit être conservée même dans la salle de bain et lors de la toilette pour éviter tout risque de chute qui pourrait abîmer la chirurgie.

  • Ce pansement a pour effet de maintenir la correction effectuée chirurgicalement ; il a un effet de « plâtre », le temps que l’os  commence à consolider. Il a également un effet anti-œdémateux.

  1. L’appui est autorisé le jour de l’opération

Sauf indication contraire de votre chirurgien, l’appui est autorisé avec une chaussure spécifique qui vous sera prescrite le jour de la consultation.

  1. La surélévation du pied est essentielle pour diminuer l’œdème et donc la douleur. Le pied est surélevé ou mis à l’horizontale sur une chaise. Il faut limiter au maximum la position jambe pendante.

 

  1. Le glaçage est un point essentiel. Il peut être réalisé de manière régulière, il agit sur la douleur et sur l’œdème. Ce glaçage doit être débuté à partir du moment où le pied est réveillé. Attention, il est formellement contre-indiqué de poser de la glace sur un pied endormi au risque de brûler la peau. Celui-ci peut se faire par l’intermédiaire de « packs spéciaux » achetés en pharmacie, ou d’objet du quotidien: un sac de petits pois surgelés (préférentiellement car de petite taille, ils se moulent aux reliefs du pied), ne pas les consommer ensuite. 

 

Y a t’il des consultions après la chirurgie ?

Oui

  1. La première consultation a lieu à 15 jours après la chirurgie. Lors de cette consultation, tous les pansements seront retirés. Les fils sont non résorbables afin d’éviter les réactions d’intolérance au fils. Ils seront enlevés à J21 par votre infirmier(e). Les baignades prolongées sont qui font macérer les cicatrices sont contre indiqués pendant encore deux semaines.

 

  1. La deuxième consultation a lieu à 45  jours après la chirurgie. Avec des radiographies de pieds en charge de face et de profil. La chaussure spécifique est alors enlevée.

Quand puis-je reprendre mes activités ?

  • Professionnelle :

    • En cas de métier sédentaire sans nécessité de conduire, 4 semaines après l’intervention.

    • En cas de nécessité de conduire ou de marcher sur de grandes distances : 6 à 12 semaines

    • En cas de métier manuel nécessitant le port de chargs lourdes : 12 semaines d’arrêt de travail.

    •  

  • La conduite automobile peut être reprise 4 à 6 semaines après l’intervention

 

  • Sport :

 

  • A 6 semaines post-opératoires: natation, le vélo et le sport en salle sans nécessité d’utiliser l’hallux pour se propulser ou se mettre sur la pointe des pieds.

  • 12 semaines post-opératoires : Reprise progressive de la course à pied et les sports sur la pointe des pieds (escalade, danse).

 

  • Les talons hauts, c’est à dire supérieurs à 5 centimètres : à 12 semaines.

 
 
 
 
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